Quand le Kerala entre en transe : assister à un Theyyam sur la côte de Malabar

Quand le Kerala entre en transe : assister à un Theyyam sur la côte de Malabar

13 juin 2019

Le Kerala est riche en festivités mais les environs de Kannur, au nord de l’Etat se distinguent par une célébration hors du commun : Le Theyyams, rite de transe haut en couleur qui mêle hindouisme et mysticisme. Voyage au cœur du Kerala et d’une de ses traditions.

 

Minuit, un soir de demi-lune. Le Kerala paraît plongé dans les bras de Morphée. Mais il est un village dans le nord du "royaume de la noix de coco" où les festivités vont bientôt commencer. Bienvenue à Kuttave, dans le district de Kannur sur la côte Nord Malabar. Tous les habitants se sont rassemblés au milieu de la forêt. Un grand brasier a été allumé et un petit sanctuaire dressé au centre du terrain. Ce soir, c'est jour de fête pour les hindous car le village organise son Theyyam annuel.

Theyyam en malayalam, signifie danse de dieu. Le mot désigne à la fois la divinité représentée par le danseur et le rituel en lui-même. Avec le Kalaripayyat et le Kathakali, il s'agit d'un des trois arts majeurs du Kerala. Car le Theyyam, qui selon la légende est né d'une rencontre entre les danses folkloriques organisées pour célébrer la fin des récoltes et l'hindouisme, est une cérémonie religieuse mais aussi un art. D'ailleurs à voir l'agitation autour des costumes dans la maison la plus proche, il ne fait aucun doute que c'est un spectacle extraordinaire qui va se dérouler sous nos yeux.

Le coup d'envoi des festivités est donné par un feu d'artifice qui retentit à des kilomètres. Mais pour le clou de la soirée, il faudra encore attendre quelques heures. Les danseurs se préparent à entrer en transe : ils revêtent leurs costumes exubérants, recouvrent leur peau de maquillage, prient, méditent et boivent aussi. Vers 4h30 du matin, les tambours résonnent au loin et les villageois, éparpillés se rassemblent près du sanctuaire. Les danseurs arrivent alors aux rythmes de percussions sauvages, entourés d'une ribambelle de dévots.

L'agitation se concentre autour de l'homme au costume le plus spectaculaire : il porte une couronne de plusieurs mètres de haut mêlant feuilles de palme et torches enflammées. Même matériaux pour la jupe qu'il porte autour de la taille. Son torse nu est peint et orné de bijoux. Son visage est entièrement recouvert de pigments et ses bras sont badigeonnés d'une pâte rougeâtre. Il est la divinité principale de la cérémonie : Puthiya Bhagavathi, ou "la nouvelle déesse".

Pour fêter son arrivée, les dévots (que des jeunes hommes) entament une course effrénée autour du sanctuaire sautant au passage à pieds joints dans les braises du feu presque étouffé. Le Theyyam commence alors une danse désordonnée. Son visage ne laisse transparaître aucune expression et ses gestes sont chaotiques. Lors la représentation, l'identité du danseur se dissout et c'est la divinité qui bénit tour à tour les dévots et les villageois.

La danse durera jusqu'au petit matin, quand les rayons du soleil enlèveront à la forêt son charme mystique. Les dévots rentreront alors chez eux et les danseurs reprendront corps, rejoignant le commun des mortels…jusqu'à la prochaine fois.

Malgré l'abolition officielle du système de castes en 1950 en Inde, les traditions sont encore vivaces et seuls les descendants d'une certaine caste inférieure entrent en transe lors de ces danses rituelles. Il y a encore 50 ans, ils n'étaient pas les bienvenus dans les temples d'où la naissance de cérémonies religieuses au beau milieu de la forêt.

Le district de Kannur compte plus de 800 Kavus (ou "bosquets sacrés") et chacun d'entre eux accueille un Theyyam alors les danseurs se déplacent de villages en villages.

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