La démographie du pays

Avec presque 1,3 milliard d’habitants (17,5% de la population mondiale), dont la moitié a moins de 25 ans, l’Inde occupe la seconde place démographique derrière la Chine. D’ici 2025, voire avant, elle occupera la première place. Si la Chine a plus ou moins maîtrisé son développement démographique (politique de l’enfant unique maintenue jusqu’en 2016), il n’en va pas de même pour l’Inde. Depuis 1951, le taux de croissance oscille entre 21 et 25 %, passant de 360 millions à 1,260 milliard. L’Inde met l’accent sur l’éducation et s’appuie sur les campagnes du planning familial pour faire diminuer, lentement, le taux de natalité. Le pays doit faire face au défi de nourrir, scolariser et loger un nombre très élevé d’enfants.

Un manque de femmes

Chiffres inquiétants : pour 1000 naissances masculines, on en compte seulement 930 féminines. 40 millions d’indiens ne trouveront jamais de partenaire.

Lors du mariage, une fille quitte sa famille pour vivre dans le foyer de son mari. A cela s’ajoute le paiement d’une dot, au bénéfice de la famille du marié. Un garçon assure la continuité du foyer et ses revenus profitent directement à sa famille.

De ce fait, historiquement, les indiens préféraient donner le jour à des garçons. Infanticide à la naissance, mauvais traitement à l’égard des filles, le déséquilibre ne date pas d’hier.

L’arrivée de l’échographie a aggravé le phénomène : l’avortement s’est répandu dans les couches sociales aisées. Interdits depuis 1994, les examens prénataux pour déterminer le sexe du fœtus et les avortements se pratiquent malheureusement toujours.